Un enfant et c’est tout !

Un enfant et c’est tout ! Tout est dit dans le titre non ? Cet article, je le dédie à toutes les femmes qui ne souhaitent pas d’enfant, à toutes les mamans qui n’ont qu’un enfant et à toutes les autres qui en ont peut-être plus et qui subissent cette pression sociale de :

Il serait peut être temps d’en faire un !  A quand le ptit dernier ?

Moi qui me trouve dans la deuxième catégorie, je ne vous en veux pas. A vrai dire, j’en ai un peu rien a faire de ce que vous pensez ou voulez pour moi. Cela m’a en fait permis de m’interroger sur le vrai Pourquoi du Pourquoi je ne veux pas de deuxième enfant. Parce que (et oui) il m’est arrivé dans les dernières années de me demander ce que je ferais s’il arrivait par accident ou même à peut-être émettre l’idée d’en vouloir un autre et l’envie m’est finalement passée, parce que les raisons que j’ai sont finalement bien plus importantes.

Pour tout vous dire et pour vous expliquer déjà un peu pourquoi je pense ceci ou cela, voici le début de ma petite histoire.

Ma maman d’amour est une des ainées d’une très grande famille de 15 enfants. Ces enfants n’ont pas eu la chance de vivre au sein d’une famille unie avec leurs parents et ont été placés à la DDASS de l’époque (Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales) . Une vie compliquée dont je ne parviens toujours pas à parler ouvertement avec ma mère de peur de lui faire remonter des souvenirs loin d’être agréables. Bref. Si ce n’était que ça… Mais le problème lorsqu’un enfant est placé, c’est qu’il n’est pas abandonné, et qu’il ne peut donc pas être adopté. Cantonné à rester dans le centre, il passe quelques fois du temps avec des parents qui ne savent pas, qui ne veulent pas, qui ne peuvent pas… J’ai donc vécu toute mon enfance avec l’histoire de ma maman et son cœur énorme de vouloir protéger ses frères et sœurs des aléas de la vie.

Ma première interrogation était je crois. Mais pourquoi ? Pourquoi faire des enfants si on n’en veut pas ? Si on ne peut pas les élever ? Alors oui bien sûr, les cultures, les époques et les problématiques sont différentes. J’ai donc pris le problème à l’envers. Pourquoi faire un enfant  si on peut donner une chance à un enfant déjà existant qui n’a pas demandé de venir au monde mais qui se retrouve prisonnier de sa propre vie ?

Quand on a 15 ans, les choses sont finalement très claires. Je n’aurai pas d’enfant, j’en adopterais un.

Et puis un jour, tu rencontres l’homme de ta vie. Cet homme là, il t’a pris toi et ton projet. Il sait que tu veux adopter. Mais lui a une histoire différente. Et bien qu’il comprenne la tienne, il a aussi l’envie de créer la petite perle qui sera le fruit de notre amour. Et puis un jour il le dit : Je suis prêt c’est quand tu veux. Je m’en rappelle comme si c’était hier. C’était le 18 aout 2007. Et c’est à ce moment précis que je me suis laissée envahir par cette envie de maternité, d’avoir mon enfant dans mon ventre, d’avoir notre enfant à nous. Quel égoïsme… mais quelle joie. Mais j’avais un deal. Moi aussi j’étais prête. Mais pour un seul. Et si nous en voulions un deuxième, on l’adopterait. 50/50.

J’ai donc mis au monde une choupinette le 14 août 2008 après un accouchement terriblement compliqué de 29h pour finalement se terminer par une césarienne en urgence. Une magnifique petite fille que je ne regrette pas d’avoir et qui me rempli de joie chaque jour qui passe.

Mais voilà. Plus le temps passait, ma petite sœur faisant son premier, puis son deuxième, les amis qui en faisaient tout autant, la question était plus que présente. Même mes clients s’y sont mis ! C’est un peu comme quand je photographiais les mariages et qu’ils me demandaient si j’étais mariée et que je leur répondais : non jamais ! Difficile à comprendre…

J’avais donc en fait besoin, non pas de me justifier, ni même de me convaincre, mais tout simplement de réfléchir aux vraies bonnes raisons qui font que je ne souhaite qu’un seul enfant de moi.

La surpopulation

J’ai la chance de vivre dans un pays qui me permet de choisir de faire des enfants ou non, qui me permet même d’avorter si tel est mon choix. J’ai une grande frustration qui est de ne pas pouvoir faire énormément pour ma planète (j’en parlerais d’ailleurs dans un prochain article), mais pourvoir être active à mon niveau est très important pour moi.

Ça peut paraître un peu étrange et pourtant, cette idée de préserver la planète et de laisser une part à tous est quelque chose de bien présent.

L’inquiétude

Du jour où j’ai su que j’étais enceinte, les priorités de ma vie ont changé, comme pour beaucoup je pense. S’inquiéter rend parano, surtout quand on a une fille, en tout cas en ce qui me concerne. Je sais bien que toutes les agressions dont on parle si souvent aujourd’hui existaient avant. La sur-médiatisation des faits a juste amplifié nos peurs. N’empêche que l’inquiétude d’avant d’un parent reste je pense la même qu’aujourd’hui. M’inquiéter pour un seul enfant me suffit.

Mettre tout en œuvre pour que rien de grave ne lui arrive est un défi de tous les jours et me prends déjà beaucoup d’énergie.

Le deuil

Je sais que cette raison n’est peut-être pas compréhensible pour certains mais c’est ainsi que je le ressens. Parce que pleurer quelqu’un est déjà assez dur, pleurer son enfant doit l’être encore davantage.

Je suis une personne entière, et devoir être forte pour un autre enfant sans pouvoir vivre pleinement un deuil si je venais à perdre le premier me rendrait dingue.

L’instinct maternel

Pardon, mais l’instinct maternel, je n’y crois pas beaucoup. Je ne pense pas être une mère dans l’âme. J’aime ma fille, et je ferais tout dans ma vie pour qu’elle soit heureuse. Mais j’aime être avec ma fille comme j’aime aussi être sans elle. Ces moments à 3 sont incroyables, mais ces moments à 2 sont tout autant intenses et ces moments toute seule… n’existent tellement pas… Lol. Bref, tout simplement pour dire que…

Je ne crois pas avoir la fibre maternelle et le peu que j’ai, je veux la dédier entièrement à ma fille.

La vie à deux

Notre fille a fait de nombreuses terreurs nocturnes plus jeune. Ce n’est qu’à l’âge de 6 ans que ses terreurs se sont calmées. Aussi, nous étions souvent fatigués et la fatigue engendre tellement de frustrations. Aussi, depuis les douces nuits d’Emy et sa maturité pour faire son propre petit déjeuner, nous profitons davantage des uns et des autres, et nous n’hésitons plus non plus à la laisser dans la famille et chez les copains pour quelques nuits.

Préserver notre vie à deux et nos moments d’amoureux est donc une des raisons des plus importantes !

L’éducation

Je ne suis pas une mère parfaite, je suis même loin de l’être et ne le serais jamais. Mais ce qui est sur, c’est que je ferais toujours du mieux que je peux. Parce que si ma fille apprenait à être parfaite, on s’ennuierait pas mal à la maison, non ? L’éducation c’est pour moi l’avenir du monde.

Alors autant mettre tous mes efforts pour faire de ma fille une personne Bien afin qu’elle apporte à ce monde les meilleures choses possibles. Je n’aimerai pas bâcler le travail.

Le chouchou

Pas de chouchou, pas de préféré ! Et ne me dites pas qu’il n’y en pas ! J’ai travaillé pendant 15 ans dans l’animation. Dieu sait que j’aimais les ptits bouts avec qui je bossais que ce soit en centre de loisirs ou bien plus encore en colo. Et même si la raison nous dit qu’il n’en faut pas, on a toujours plus d’affinité avec certains plutôt que d’autres. Est ce que tu crois vraiment que c’est parce que ce sont TES enfants, qu’ils seront les mêmes et que vous vous entendrez toujours bien ? A d’autres.

Je me sentirais tellement coupable si j’en avais 2, pas d’en aimer plus l’un que l’autre, mais d’une manière ou d’une autre, de lui faire ressentir une différence.

Les finances

Je ne gagne pas des milles et des cents, mais ce que je gagne, je souhaite en faire profiter ma famille et faire toutes les choses que la vie peut nous offrir. Que ce soit des voyages ou des spectacles, une nintendo ou un musée, se faire plaisir ou faire plaisir. Non pas que je sois dans une sur-consommation mais on n’a qu’une vie et si nous ne pouvons pas profiter ensemble, alors de quoi pourrions-nous rires et nous amuser ?

Mon objectif aujourd’hui est de travailler pour partir en vacances. Vivre à plein temps chaque jour et essayé de ne jamais nous priver.

Vouloir qu’un seul enfant était ma décision à moi. Et je sais que Jo en aurait voulu d’autres. Peut-être plus aujourd’hui il me l’affirme mais je reste persuadée qu’il aurait été heureux avec un deuxième. Il a fait le choix d’accepter ma décision pour mon bien-être, pour mes idées, pour mes principes, pour mes peurs et mes angoisses et je l’en remercie tellement. J’espère juste que ce n’est pas une frustration qu’il regrettera un jour. Il est un papa et un chéri merveilleux, j’aime notre famille comme elle est et me fou bien de ce que peuvent penser les autres.

Et puis, le jour où nous serons prêts, peut-être qu’un deuxième fera son apparition au sein de notre famille, peut-être un plus grand ou un plus petit, qu’il vienne d’ici ou de là, ou peut-être même qu’il viendra juste pour un temps, dans une famille qui l’accueillera le temps dont il aura besoin, pour un soin ou une attente de jugement, ou peut-être encore que c’est nous qui viendront tout simplement à lui, dans sa propre famille, pour l’aider à y rester, qui sait.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Add a comment...

Your email is never published or shared. Required fields are marked *