Je te raconte mon accouchement ?

Âmes sensibles s’abstenir…
Messieurs, vous pouvez passer à un autre article…

La dernière fois, je faisais du vélo avec mon pote Tarik. Il aime bien m’emmener faire 35 bornes de vélo en hiver quand il pleut. C’est son créneau. Je souffrais un peu quand même, au bout de ma deuxième session de vélo sportif, je peux pas dire que je maitrise : mal aux cuisses, mal au cul… bref, le vélo c’est bien le sport le plus dur. Grrrrr… Alors forcément, je me plains, je dis des gros-mots, je ralentis… Mais c’est sans compter les encouragements chaleureux de mon coach :

Allez quoi, bouge toi les fesses ! Comment ça tu as mal ? T’es une merguez ou quoi ? Tu mets toute ta puissance là ??? TU TE FICHES DE MOI ! Allez allez allez ! Bouge-toi !!!! – Mais je souffre ! – Tu souffres que dalle. On se traine. Bouge toi ! Je veux du panach ! DU PANACH ! – Non t’as raison, je souffre pas. Je suis pas en train d’accoucher… lol – Mais ça fait 9 ans que t’as accouché. Tu t’en rappelles encore ? Je croyais que les femmes oubliaient ? – Euh…Comment te dire…

Voila voila l’introduction de mon article…

On dit souvent qu’il ne faut pas raconter son accouchement. Enfin, surtout aux femmes enceintes dont c’est le premier bébé. Il ne faut pas leur faire peur… Laisse moi rire. Quand tu fais ton baby, tu sais très bien qu’il va pas sortir tout seul en mode toboggan. Ou alors, c’est que tu vis dans le monde des bisounours. Alors moi je vais te raconter. Et si tu ne veux vraiment pas être spoilée, je te propose de tourner la page et d’aller lire un autre article 🙂

Ma grossesse s’est carrément bien passée

Allergique à rien, immunisée contre tout, c’était vraiment la fête. Je mangeais comme 4 SANS culpabiliser, j’étais une grosse baleine et je l’assumais complètement ! Parce que j’avais un petit baleineau dans mon ventre et que rien n’est plus beau qu’un petit baleineau <3

Et puis il vient un temps où ça commence à être long. Les coups pieds dans le ventre, ne plus pouvoir voir ses propres pieds… Bref, il était temps que j’accouche et que je fasse ENFIN la connaissance de ce petit Alien. Mais Emy en avait décidé autrement. Elle avait décidé d’arriver le Jour J : le 14 aout. Et dieu sait que j’en ai avalé des kilomètres par ci, des efforts par là… On a même tenté plusieurs fois la méthode italienne mais non. Et quand elle dit non. C’est non.

Et puis, elle s’est enfin décidée. Il était temps de sortir…

L’accouchement par contre…

Mercredi 13 aout :

• 02h – J’ai commencé à avoir mes premières contractions dans le dos. Rien dans le ventre. Tout dans le dos. Jo va sortir le chien de mamie Nadia qu’on gardait. On se prépare tranquillou.

• 04h – Direction l’hôpital mais ils me disent que mon col n’est pas encore assez ouvert, qu’il va falloir patienter. Ils m’installent dans une chambre. On patiente, mais j’ai mal.

• 06h – Toujours rien, ils nous demandent de rentrer chez nous que je puisse prendre un bain, mais la, ça commence vraiment à être très douloureux.

• 10h – On décide d’y retourner. Toujours pas d’amélioration mais pourtant je sens que ça travaille réellement. Ils décident de me garder et me réinstallent dans une chambre.

• 14h – C’est de pire en pire. Le col ne s’ouvre pas. Je leur demande désespérément un calmant. J’ai l’impression que ma colonne va se briser à chaque contraction, comme si c’était une règle en plastique que l’on tordrait jusqu’à ce qu’elle pète. Ils me donnent… un spasfon…

• 16h – Ils me demandent d’aller prendre une douche. Je suis très fatiguée. On dirait un zombie qui déambule dans le couloir afin d’aller prendre cette put*** de douche. Je tiens à peine debout, heureusement que Jo est là pour me soutenir.

• 17h – Je retourne dans la chambre, ils viennent vérifier, je vous épargne les détails morbides, et ils me redonnent un spasfon. Là ils se foutent de moi. Je leur demande quelque chose de plus fort. Ils me disent qu’ils veulent refaire une vérification monitoring et qu’ils me donneront quelque chose juste après.

• 18h – Ils reviennent mais apparemment le monitoring aurait bougé, donc rebelote. Je sens la carotte il se passe un truc de pas normal. J’ai l’impression de mourir à chaque contractions. Elles sont tellement régulières que Jo compte à rebours quand elles arrivent histoire que je me prépare.

• 23h – Direction la salle d’accouchement. Mon col est ouvert à 2,5cm. Pas assez normalement pour la péridurale mais ils vont tout de même la faire. L’anesthésiste arrive et me demande de me retourner pour ne pas voir l’aiguille. d:fjlgd:gv,k:gnfk:gnsidfuci:rfgceiu !!!!! Mais comment te dire que j’en ai rien a faire de la taille de ton aiguille de mer** ! Fou la moi dans le dos qu’on en finisse !

Jeudi 14 aout :

• 01h – Un peu de détente. Mais la péri ne fonctionne plus du côté gauche. Bébé est épuisé. Sa mère idem. Papa dort sur le coussin d’allaitement. On me file des antibio car mon cœur fatigue. On me file du gaz hilarant (ça marche ce truc ? m’en rappelle pas). On me file de l’espoir. Mais toujours pas de poussée en vue. Le col ne s’ouvre pas. Ils décident d’attendre. Je ne dors pas. J’ai mal.

• 06h – Un médecin vient m’ausculter et me dit qu’il va peut-être falloir penser à une césarienne. Hein ? Je comprends rien à ce qu’il me dit. C’est quoi une césarienne ? Je suis tellement à l’ouest que je ne comprends pas ce qu’il veut dire. Je suis de toute façon prête à attendre encore 4 jours. Il n’y a qu’un seul trou par lequel elle peut sortir non ?

• 07h – Un autre médecin arrive, vérifie où j’en suis et dit des mots qui font tout de suite écho dans ma tête. C’est comme si je venais de tout comprendre.

Au bloc. Illico. Monsieur, dîtes au-revoir à votre femme. – Euh…

• 07h10 – En mode légume, on m’amène en salle d’opération. L’anesthésiste envoie la dose, et me caresse les cheveux en me rassurant. Je sens le scalpel me découper le ventre, mais sans douleur. C’est une sensation vraiment incroyable. J’entends chanter en mememant  et j’entends un médecin dire : « Elle chante ! » Je me rends compte que c’est moi au bout de quelques secondes. Je crois que j’avais besoin de rassurer ma fille, que tout se passerait bien. Je chantais la même mélodie que sous la douche pendant la grossesse en me caressant le ventre.

• 07h35 – Et puis, les mains plongeant dans mon ventre, je les entends sortir ma fille.

Mon petit bout de truc, qui pleurait, qui allait apparemment bien, je pouvais me relâcher. Ils me l’ont apportée près du visage mais je n’ai pas pu la toucher. Ils se sont pressés de l’emmener hors du bloc opératoire ou il faisait froid pour la nettoyer, l’habiller et la nourrir. Je savais que Jo était derrière à l’attendre.

Le reste je ne m’en souviens pas beaucoup. Mais ce dont je me rappelle, c’est que les médecins se sont un peu embrouillés pendant qu’ils me recousaient, à savoir s’ils devaient me mettre en salle de réveil ou non. J’y suis finalement allée, pendant 2h, pour entendre geindre toutes les personnes qui se réveillaient d’anesthésie générale en douleur. J’aurai préféré me reposer seule dans ma chambre. Mais autant te dire que je n’avais pas mon mot à dire, si déjà il avait pu sortir de ma bouche.

A 9h30, je suis donc retournée dans ma chambre. Seule. Où était mon bébé ? Où était Jo ? Je ne savais pas. Ce n’est qu’un quart d’heure plus tard qu’ils sont revenus de tous les tests . Nous avons enfin pu faire connaissance.

Bonjour mon petit cœur. Bienvenu au monde auquel tu appartiens désormais.

© Photo : Artinoa

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24 janvier 2018
7 février 2018

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9 Comments

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    Maman

    26 janvier 2018

    Très belle histoire et très belle aventure. La preuve tu t en souviens dans les moindres détails. Merci ma fille d être une super maman et Jo il ne faut pas oublier le papa et de m avoir fait Mamie Dine ♥️d une jolie petite fille.
    On appelle cela le mal joli et au fond de moi je sais que c est un bon dicton

  2. Répondre

    Merryl

    27 janvier 2018

    Beau témoignage ! Bizarrement, je le trouve beaucoup plus soft que ce que à quoi je m’attendais. Peut-être car ma seconde césarienne est encore bien dans mon esprit sans doute ! En tout cas, c’est bon de lire et de se rappeler qu’une grossesse, qu’un accouchement, qu’un allaitement peut être une période de la vie difficile, voir une épreuve et que tout ne se déroule pas aussi naturellement que l’on peut se l’imaginer. Je vais quand même moi même rassurer les futures mamans, je revivrai mes césariennes, les complications qui ont suivi les yeux fermés car j’ai deux trésors dans ma vie grâce à cela…

  3. Répondre

    Aurore Delezir

    29 janvier 2018

    Elle faisait un bon poids la prunelle de tes yeux nan ? On sent les belles joues… Bravo pour ton courage, tu fais partie de ces mamans dont le travail n’avance a rien sur l’ouverture du col, ma meilleure amie a vécu 36h à attendre aussi… Et fini en césarienne d’urgence aussi. Vivement qu’on puisse aider ces mamans plus vite afin de moins épuiser leurs forces !

  4. Répondre

    Allegra

    29 janvier 2018

    Oh mais tu sais qu’on a eu un accouchement très ressemblant? (pour Arielle donc aussi le 1er) Mise à part pour la fin en césarienne…Je te raconterai ca à l’occaz 😊

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    Magali selvi

    29 janvier 2018

    27h pour moi…pour finir aussi en césarienne d’urgence car petit bout était en souffrance foetal, quand ils m’ont dit on va au bloc c’était comme une délivrance car j’en pouvais plus de fatigue..même si avec le recul je suis un peu frustrée de ne pas avoir accouché par voix basse mais tant pis !!! c’est beau de mettre tout ça par écrit, complètement fan de ton blog, un seul enfant et maintenant la césarienne après de longues heures d’attente, je me retrouve tellement.

  6. Répondre

    Margaux

    2 février 2018

    Ah tiens, je savais pas que tu avais eu une césarienne Agnès ! Mes deux accouchements ont finit aussi en césarienne… pfff. Et dire que je pensais que le premier avait été long (17h après un déclenchement parce que terme dépassé!) c’était rien à côté du deuxième…. attention accroche toi : 46 heures !!!! pour finir en césarienne… j’étais dépitée !

  7. Répondre

    Stéphanie Trouvé

    14 février 2018

    Et ben ! Alors moi césarienne d’urgence, 4 heures en salle de réveil, hémorragie, morphine et la petite cerise sur le gâteau… une infection sous la cicatrice dûe à un staphylocoque doré. Le kiff total. J’ai dégusté ma race pendant 4 mois

  8. Répondre

    Marjorie Jeanne-rose

    3 mai 2018

    Coucou Agnès
    J’ai vécu deux accouchements completements différents. D’ailleurs le premier je ne l’appelle même pas comme cela. Césarienne à 28 semaines sous anesthésie générale avant que mes organes vitaux tels que les reins et le foi ne me lâchent et que le taux de plaquettes ne tombe trop bas. Une princesse grande prématurité avec les conséquences respiratoires graves. 2 bonnes années de galère après la sortie de la neonat. Et puis un suivi très poussé et maintenant, comme tu as pu le constater une jolie minette de 9 ans pleine de vie! Après tout ça je ne voulais plus retomber enceinte (bon effectivement ça peut se comprendre). Et puis l’été dernier, j’ai accouché (Et pour le coup le terme est approprié) d’un magnifique petit gars. Ça a été long et douloureux mais cette fois-ci nous avons vécu, avec mon doudou, un moment juste incroyable. Il a pu participé à sortir son fils aidé de la sage-femme. Et cette fois-ci j’ai pu le prendre sur ma poitrine, le serrer fort sur moi. Cette fois-ci, cette saleté de preenclampsie ne m’avait pas volé ces instants magiques. Cette fois-ci dès le début je pouvais m’en occuper comme une maman.

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      agneslife

      3 mai 2018

      Et bien, tes enfants peuvent être fière de leur maman !

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